Mystrya releva les yeux sur le corps de sa fraîche victime. Doucement elle ferma les yeux de l'enfant. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme qui fit ressortir ses canines pointues encore entachées de sang. Elle avait vraiment bien fait de venir là, à Arachnopolis. Dans le brouillard londonien les gens se méfiaient trop, et aux Etats-Unis ils portaient tous des armes. Autrefois elle adorait ses pays, sa réserve, comme elle l'appelait. Mais depuis un siècle, le monde avait changé et Mystrya était lasse de ces populations.
I Une enfance meurtrie
Son histoire débute en 1628 à Lyon, en France. A l'époque la peste se répandait, emportant les parents de Mystrya, agée de quelques mois. Rapidement, on la confia à un couvent où elle n'avait que pour seuls amis les cafards et les rats. Toute son enfance, les jeunes enfants de son école s'amusèrent à la battre et à se moquer d'elle. Mais la cruauté des enfants n'avaient d'égale que celle des bonne-soeurs qui l'enfermaient souvent dans les caves puantes des sous-sols, sans un certain plaisir.
Mystrya n'avait jamais rien connu d'autre que ce pensionnat. A l'âge de ses 18 ans, et n'ayant aucune ressource elle fut congédiée non sans brutalité. Le corps meurtris, la jeune fille fit route vers le village le plus proche. Elle avait en tête de dégoter un travail dans une ferme, mais ce fut un tout autre sort qui l'attendait.
II Un étrange travail.
Deux jours plus tard elle arriva à destination. Mais la route l'avait épuisée, elle demanda une chambre dans une auberge boueuse, et proposa ses services en cuisine, pour compenser le fait qu'elle ne pouvait pas payer. L'aubergiste la toisa du regard, une lueur perverse passa dans ses yeux. Mais Mystrya ne connaissait pas la perversité, du moins, elle pensait que seuls ses anciens camarades de classes étaient mauvais. L'homme lui proposa de faire les chambres, en l'échange de quoi elle pourrait dormir dans la cuisine. Elle accepta, ne se doutant pas de ce qui l'attendait. Elle revêtu les tabliers que portent le plus souvent les femmes de chambre et commença son travail en s'appliquant.
A la troisième chambre, elle ne vit pas l'homme qui se cachait derrière la porte. A peine eût-elle le temps de se retourner qu'il sautait sur elle. Un homme plutôt petit avec les cheveux en bataille. Un chapeau de paille moisi lui vissait le crâne et il sentait tellement fort que Mystrya eut plus peur de son odeur que de l'homme lui même. Il l'a plaqua sur le lit, lui tenant fermement les mains. La jeune femme hurla et se débattu. La porte s'ouvrit et elle vit l'aubergiste, elle le supplia de l'aider, mais au lieu de ça, il apportait des corde et commença à la aux barreaux du lit, libérant ainsi la main du paysan qui commençait à retirer son corsage.
III Une rencontre inatendue
Mystrya fut rapidement convaincue qu'elle ne pourrait rien faire, elle ferma les yeux et attendit. Mais rien ne se passait. Une minute ou deux plus tard, lorsqu'elle ouvrit les yeux, ses agresseurs n'étaient plus là, du moins elle ne les voyait plus. En revanche une odeur douceâtre de pipe embaumait la chambre. Sur une chaise, dans un des coins de la pièce, un homme très élégant d'une petite trentaine d'année attendait en tirant sur sa pipe.
"_ Tu veux que je te détache peut-être.
_ Où sont-ils?"
En un éclair l'homme l'avait détachée et se tenait près d'elle.
"_ Vous êtes un magicien? Lui demanda t-elle.
_ On peut dire ça comme ça, oui. Mais lève toi et regarde au pied du lit."
Mystrya se releva non sans méfiance, et elle vit les corps des deux hommes dont la tête avait été tranchée. De leurs carotides giclaient encore de petites gerbes de sang. La jeune femme fut prise de panique et tenta d'éponger le sang avec son jupon, voyant que cela ne lui serait d'aucune utilité, elle se mit à genoux et commença à prier. Très vite l'homme l'interrompit en la frappant au visage:
"Cesse, hurla t-il, tes prières ne valent rien."
Effrayée la jeune fille se traîna jusqu'à un coin de la pièce.
"Tu n'as plus besoin de ton dieu maintenant, lui dit-elle en venant vers elle. Je suis là et tu vas toi-même devenir une divinité."
Ne comprenant pas les propos de l'homme, Mystrya se mit à pleurnicher. Les mois qui suivirent, elle ne s'en souvenait plus, mis à part une chose: sa terrible envie de sang….
A suivre….
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Ce n'est qu'un aurevoir, mon frère, ce n'est qu'un aurevoiiiiir!!!