Introduction :7 août 1888, dans le quartier de White Chapel à Londres.
Cela faisait 3h que Martha Tabran attendait sur sa chaise qu’un client potentiel se présente. La soirée était mauvaise pour elle, elle n’avait pu ramasser que 2 livres, qui suffiraient à peine à payer sa chambre ce soir. Qui plus es, elle en avait déjà bu une bonne partie. Elle regardait la salle du petit pub où elle officiait se vider lentement. A cette heure tardive, il ne restait que des alcooliques notoires, déjà dans les bras de Morphée, qui n’avait pas besoin des services d’une fille de joie de troisième catégorie comme elle. Elle entreprenait d’essayer de se lever lorsqu’un petit homme en redingote noir entra dans le pub. Un chapeau melon sur la tête, de petite lunette et une mallette à la main, il s’essuya les épaules d’une main gantée de blanc, tout en balayant la salle d’un regard qui s’arrêta furtivement sur Martha.
«
Enfin ta chance de manger un bout ce soir ma grande, allez, au boulot ! » pensa Martha.
L’homme s’approcha d’elle et lui parla d’une voix feutrée, avec un léger accent français :
- «
Madame, je vous pris de m’excuser. Pourrais je vous demander si vous travaillez ici ? » demanda l’homme.
- «
euh, ben oui mon grand tu vois bien. Tu veux qu’on passe du bon temps ensemble ? » répondit Martha. « Trop direct ma vieille, tu va lui faire peur » pensa-t-elle en se mordant les lèvres.
- «
Et bien je pensais bien à quelques choses comme ça. » répondit l’homme en esquissant un sourire, à la grande surprise de la jeune femme. «
Voudriez vous m’accompagner dehors ? »
D’un petit signe de tête pour signifier son assentiment, Martha se leva et entrepris de suivre le gentilhomme qui lui offrait son bras. «
Encore un original qui veut faire ça dans la ruelle. M’enfin bon, c’est toujours de l’argent pour moi ! » pensa Martha en sortant du pub.
L’atmosphère était étouffante, même au milieu de la nuit, et les rues empestaient l’urine et les caniveaux qui polluaient ce quartier populaire de la vieille ville.
Après avoir marché quelques instants au milieu des ruelles sombres, ils s’arrêtèrent.
- «
alors mon micheton, qu’est ce qui te ferait plaisir dis moi ? » demanda martha, une grimace friponne éclairant son visage sale.
- «
Actuellement, j’aimerais beaucoup voir votre ventre mademoiselle » répondit l’homme.
Un instant, Martha fut surprise, puis parti d’un ricanement. « Et bien, t’es un original toi mon chou, mais bon, c’est toi qui paie. » répondit elle, tout en entreprenant de retirer le jupon qui l’habillait. L’homme restait étrangement immobile, et attendit patiemment qu’elle s’exécute.
Lorsqu’elle fut enfin nue, celui-ci déposa doucement sa mallette au sol, puis s’approcha, et passa une main curieusement lisse sur la peau du ventre de la jeune fille.
- «
Parfait.. » murmura-t-il
Martha ne put réprimer un frisson.
- «
Ecoute mon grand, j’ai pas l’habitude de ce genre de trucs la. Fais ton affaire et finissons en, il est.. »
L’homme plaqua une poigne d’acier sur la bouche de la jeune femme. «
Mon dieu, protégez moi.. » eut le temps de penser Martha avant de sentir la morsure de l’acier sur son abdomen.
Martha s’écroula sans un bruit au sol. De longues lames prolongeaient les doigts de l’assassin qui regarda sa proie en silence.
L’homme recula, s’assura que personne ne l’observait puis ouvrit d’un geste précis et nonchalant, pour un sortir plusieurs petits bocaux de verre ou flottait un liquide trouble.
Il se pencha alors sur le corps, sortant à nouveau de longues lames effilées. Quelques instants plus tard, plusieurs masses informes remplissaient les bocaux, qui furent rangé prestement dans la grande mallette de cuir.
Alors il se leva, rajusta sa redingote, pris sa mallette et s’éloigna d’un pas lent dans le brouillard de White Chapel…